mardi 6 décembre 2011

LA DOUBLE VIE DE MADEMOISELLE DE LA FAILLE

Téléfilm : La double vie de Mademoiselle de La Faille, de Michel Subiéla, (1971 - mais diffusé seulement le 9 février 1974) ♣♣♣♣

Ce téléfilm devait faire partie de la série avortée "Les classiques de l'étrange", et il intégra "Le tribunal de l'impossible". C'est une anthologie fantastique (1967-1974) qui disparut avec l'ORTF. C'est aussi l'épisode préféré de Michel Subiela.
Une jeune femme, Clémence de la Faille (Muriel Baptiste) aime passionnément un homme qu'elle connait depuis l'enfance, Georges de Garan (Joel Bion). Mais il doit partir à la guerre et on le croit mort. Clémence accepte d'épouser un vieux monsieur, Saint Alban (Pierre Le Rumeur) sur les pressions de son père . Les Saint Alban ont une fille, Elisabeth (Pascal Berger), mais dans sa vingt sixième année, Clémence se laisse mourir.
Dix ans ont passé et Georges revient, cachant soigneusement sa femme. La gouvernante de Saint Alban, Louise (Mirès Vincent, décédée en 2006, célèbre professeur de théâtre) emmène la petite Elisabeth voir les oiseaux de Georges, il possède des cages immenses, et à travers elle, l'enfant voit fugitivement... sa mère.
Si Saint Alban pense d'abord à une hallucination, il est vite pris de soupçons et se met à guetter la demeure de Georges de Garan. Un jour, dans un carosse, il voit une main de femme émerger. Il la saisit, c'est sa femme, Clémence. Il alerte un lieutenant de police (Jean Vinci).
Bien évidemment, la mort de Clémence ayant été constatée dix ans plus tôt, Saint Alban est pris pour un fou, et un jaloux. Néanmoins, il persuade le lieutenant d'enquêter chez Saint Alban tout en questionnant sa fille et la pauvre gouvernante Louise de parler. Il veut connaître le passé de Clémence et surtout savoir les circonstances de son enterrement, car il n'a pas assisté à toutes les opérations visant à mettre Clémence dans le caveau familial.
Le télespectateur assiste alors à des flash back montrant comment Saint Alban s'y est pris pour insister et obtenir la main de Clémence. Nous revoyons aussi sa mort.

Pendant ce temps, le lieutenant de police exige de voir la femme de Georges de Garan et stupéfait se retrouve face à Clémence de la Faille. En ces temps reculés, Georges De Garan a intérêt à avoir une bonne explication rationnelle à donner car on brûle les soricers et sorcières au royaume de France !
De Garan monte les papiers d'identité de sa femme : une canadienne nommée Jeanne Le Coz, qui se trouve être le sosie de Clémence. "Mon mari ne s'y trompe pas" dit Jeanne. La jeune femme persuade le lieutenant que ce n'est qu'une ressemblance, au grand soulagement de Georges.
Pris de doutes au retour du lieutenant, Saint Alban espionne la demeure et rencontre de visu Jeanne Le Coz, les regards se croisent, il sait que c'est impossible, mais qu'il s'agit de Clémence.
Furieux, Sant Alban soudoie le sacristain (Régis Outain) et son aide (Marcel Champel) pour qu'ils descellent le cercueil certi dans le mur de la crypte. Il torture moralement Louise qui avoue que jeune, Clémence s'est un jour évanouie, et Georges lui a donné un baiser qui a semblé la "ressusciter". De plus, il apprend que son rival a approché la morte avant la mise en bière
La dernière image montre l'ouverture du cercueil de Clémence : il est vide.

Le téléfilm ne le dit pas, mais on suppose que Jeanne/Clémence et Georges de Garan, pendant ce temps, n'ont pas demandé leur reste et ont fui.

Du fantastique à la française, tourné à Vitré et Champeaux, en Ille et Vilaine, et en studios. Malheureusement, la télévision française était frileuse avec le fantastique, à la différence des anglo-saxons, et ce genre de téléfilms est rare.

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