mardi 6 décembre 2011

L'AFFAIRE BERNARDI DE SIGOYER

Téléfilm : L'affaire Bernardi de Sigoyer, de Régis Forissier (1974) ♣♣♣♣

L'ORTF en 1973 lança une nouvelle anthologie judiciaire basée sur des faits réels: "Contre enquête". Cette série était produite par les stations régionales de la 3e chaîne. Après "L'affaire Bougrat" (Novembre 1973) fut diffusé "L'affaire Bernardi de Sigoyer" (Mars 1974). L'éclatement de l'office, les grèves, provoquèrent l'annulation de la série après seulement deux épisodes.

Le second met en vedette Muriel Baptiste dans le rôle d'Irène Leblond, une meurtrière qui laisse monter un homme à sa place sur l'échafaud.
A la fin du téléfilm, Maître Jacques Isorni, qui avait défendu en 1947 Sigoyer, vint faire un témoignage.
L'émission se composait d'un téléfilm, entre coupé des démarches d'un grand dadais qui commente face à la caméra le déroulement de l'affaire. C'est une série typiquement 70's. L'homme a les cheveux longs, et - est-ce pour des raisons d'économie ? le titre "Contre enquête" est écrit sur un dossier qu'il porte et sur lequel la caméra zoome.

Il faut dire que les premières images sont un vrai choc. Muriel Baptiste, dont c'est l'avant-dernier tournage, a le visage empâté, elle s'est fait tatouer le contour des lèvres, et n'a plus la finesse de visage qu'elle avait dans ses dernières apparitions "Les rois maudits" et "Le premier juré".

Un enquêteur commence par questionner Irène sur la mort de Mme Bernardi de Sigoyer dont on vient de retrouver le cadavre décomposé après une longue disparition. Irène était la bonne des Sigoyer, et la maêtresse du mari. Elle est aussi la mère d'un enfant né de cette liaison.
Irène prétend avoir assisté au meurtre. Monsieur de Sigoyer (Jean-François Calvé) faisait semblant d'étrangler sa femme, puis d'un coup, à la surprise de la malheureuse, il l'a étranglée pour de bon.

Bernardi de Sigoyer est arrêté et un avocat (Gabriel Cattand), persuadé de son innocence, assure sa défense. Pendant ce temps, un médecin légiste (Henri Poirier) est chargé de déterminer si la victime a été étranglée, ou tuée par balle par Irène, comme le prétend l'accusation.

Mme de Sigoyer voulait chasser Irène, elle l'avait même battue. Sigoyer, pris à la gorge par ses créanciers, et ayant fait des opérations douteuses avec l'occupant nazi, ne pouvait se permettre de se dispenser de la fortune personnelle de sa femme, qui voulait divorcer.

Dans un flaxh back, nous voyons les choses comme Sigoyer les a vues : La mère d'un de ses enfants, sa maîtresse Irène, a tué son épouse, mère de son autre enfant. De ce fait, il n'a pas dénoncé Irène.
Confrontée à ses mensonges, Irène s'obstine. Or, le médecin légiste a bâclé l'autopsie. L'avocat tente de se servir de ce point pour prouver l'innocence de son client. Irène a été tuée par balle et non étranglée. Mais vu l'état de décomposition du corps, et le fait que le légiste n'a examiné que le tiers du cadavre, le doute subsiste.

Pressée de question par l'avocat qui veut sauver la tête de son client, Irène se mure dans le silence. Finalement, Bernardi de Sigoyer est condamné à la peine capitale.

Ce tournage s'est mal passé pour la comédienne. Ce n'était pas la première fois, car elle avait son "petit caractère". Elle se prit de bec avec les techniciens qui se mirent à la détester. Elle en fit le récit dans "Télé Poche" qui lui accordait une petite interview lors de la diffusion. L'article était intitulé "Un si joli petit monstre".

L'épisode se termine devant le mur de la prison où Bernardi fut guillotiné. Il y avait deux exécutions ce jour là, il passait en second et regarda la tête tranchée du premier condamné.

En épilogue, nous avons alors le témoignage du véritable avocat, Me Isorni.

Le téléfilm se termine par une image du vrai Sigoyer aux assises.

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